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Géographie zombie, les ruines du capitalisme Livre de Manouk Borzakian

lundi 29 juillet 2019, par Krusti

On sait tous ce qu’est un zombie.
On a tous vu au moins une fois sur grand ou sur petit écran ou bien encore sur une affiche ces cadavres déambulants lentement et n’ayant comme obsession que celle de nous dévorer…

De là à en faire sa tasse de thé, de là à se passionner pour ce qui semble bien être un « genre » au cinéma il y avait un pont.
Je n’avais jamais pensé le franchir.
Mais… Nous n’avions sans doute pas bien compris tout ce qu’ils nous racontaient sur nous-mêmes, ces zombies.
A mon actif au moment de démarrer la lecture de ce livre qu’on m’annonçait précieux je n’avais que « The Walking dead » et encore seulement la saison 1.
Intéressant mais beaucoup trop gore.
Craignant le ridicule j’ai tiré profit d’une liste de 10 œuvres page 122 et J’ai sélectionné l’ultra classique « La nuit des morts-vivants » de A. Romero et au hasard, parce qu’il était sur Netflix, « Bienvenue à Zombieland ».
Du premier qu’on peut regarder gratuitement au format .webm via la fiche Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nu... j’ai tiré un vif plaisir.
Je l’ai visionné en VO sans sous-titre et malgré tout je suis resté scotché. Ce film est tout simplement fascinant.
Pour ce qui concerne « Bienvenue à Zombieland » je n’en croyais, dans un sens tout à fait inverse, pas mes yeux. Quel navet durant la première heure ! Comme l’avouera l’auteur par deux fois (Page 29 et 34) le film zombie c’est aussi, à l’occasion, du grand-guignol ! Mais la dernière ½ heure sauve l’affaire ce qui est fort bien analysé page 68/69.

Le meilleur était à venir.
Cet essai nous propose un voyage au cinéma pour précisément analyser ce que son titre indique. Et pas n’importe-comment.
« … la géographie servira de fil rouge » (Page 20) mais ce fil rouge voit large et convoquera pour le meilleur une kyrielle d’auteurs (sociologues, anthropologues, philosophes…) sans jamais et c’est là un des éléments les plus appréciables ni donner dans le ronflement suffisant ni dans l’entre soi universitaire. C’est même l’inverse.
Il faut dire que cet ouvrage est un feu d’artifice. Il est clair dans sa rédaction, précis dans ces propositions, très agréable par sa concision.
On ne s’y ennuie jamais et l’on se sent concerné dès le début car les zombies sont déjà là.
On peut lire l’ouvrage sans connaitre aucun des noms propres cités ici et là et on comprendra ce que Manouk Borzakian, qui défend une thèse, veut nous dire (j’extrais d’un article récent dans causeur) :
[Il milite pour la fin d’une logique sécuritaire et souligne le danger de « la tentation de se replier sur des particularités culturelles, de s’agripper à une authenticité fantasmée, de puiser dans les symboles de la nation pour consolider les frontières nationales menacées et en exclure toute impureté ».
IN https://www.causeur.fr/le-zombie-au... ]
Je ne reviens pas sur cet aspect, le livre ne fermant aucune porte et laissant à chacun le soin de poursuivre sa réflexion et je me contenterai de pointer quelques excellents moments afin de « mettre en bouche ».
• Le tourangeau Michel Lussault est là page 45 (et plus loin).
• François Jullien l’admirable et si précieux philosophe de l’entre-deux aussi (page 62).
• Mickael Foessel, Roger Caillois… j’en passe ils sont nombreux bien choisis et clairement exposés.
• Page 32 l’auteur convoque Paul Ricœur pour une question cruciale et M.B synthétise ceci d’une phrase tout à fait délicieuse « l’enjeu de la contamination zombie évoque un monde où l’individu se révèle incertain à lui-même menacé dans la continuité de son être ».
• L’humour pince sans rire, le meilleur donc, est également souvent perceptible. Je me suis régalé à cette lecture « Dans les films de zombie, on vit enfermé. Surtout, on s’enferme de manière consciencieuse. Et même, on passe un temps fou à s’enfermer – et pourquoi pas à vérifier qu’on est bien enfermé » (page 55).
• Un tournant du livre, ce qui touche au « monde post-westphalien » (page 60).
Et puis cette formule qu’il nous revient d’analyser encore plus en profondeur « Une botte de foin n’est pas « à sa place » au pied des gratte-ciel d’un centre-ville nord-américain, comme une statue de boudha dans une église orthodoxe ou un ballon de football sur une patinoire de hockey »
Bref il me tarde de poursuivre la découverte de ce cinéma et pourquoi pas de continuer le débat avec l’auteur sur la mystérieuse formule qu’il nous laisse page 42 :
« Après tout, le passage de vivant à mort-vivant constitue-t-il vraiment une remise en cause décisive de l’ipséité ? ». Mais ce sera par téléphone alors……..
Krusti le 29 Juillet 2019

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