Outre la présence de la meilleure joueuse du Monde (Hou Yifan) il y avait un délicieux parfum de triomphe tranquille durant cette édition anniversaire (100 ans) du Championnat de Paris de retour à la Porte de Saint-Cloud.
L’équipe à la manœuvre au niveau de la Ligue Île de France sous la houlette de son N°1 Adrien Duquesne peut être chaleureusement félicitée. Les arbitres par ailleurs ont été excellents et disponibles. Les sandwich gouteux et la part de flan bien jaune doivent aussi trouver leur place ici.
La météo était par ailleurs agréable et les points élo d’une volatilité sans obstacle.
Bref un cauchemar ignoble en milieu policé. Un attentat contre ma compréhension du jeu. Une rixe alors que je cherchais à négocier. On m’arrache 14 points élo alors qu’à 1696 avant la ronde 1 j’avais comme projet de revenir > 1700 avant la fin du mois.
Ronde 1. La partie nulle la plus rapide de tous les Opens.
Mon adversaire est un jeune sénior du Val-de-Marne classé 1805 et en possession des Noirs. Il va rentrer dans une variante bien connue du système de Londres.
Arrivé au 6° coup je peux préférer a3 pour complexifier un peu mais j’avais vu récemment une partie sur ce thème durant laquelle Eric Prié avait fait ce choix et la suite m’avait parue un peu trop tendue pour finalement se terminer également par la nulle. Conséquence direct nous répétons. Durée de la partie 180 secondes merci bonsoir.
Je quitte le gymnase heureux comme tout.
Ronde 2. Bye. Jouer le dimanche matin à l’autre bout de Paris ? Sans moi.
Ronde 3. Le forfait non prévenu et sans excuse.
Je constaterais le lendemain que mon forfait de la veille se sera présenté pour jouer la ronde 4 sans chercher à s’excuser auprès de qui que ce soit. Voilà une vraie question qui concerne le fair-play à distance probablement du pur disciplinaire.
Du coup pour moi c’est 2h30 de trajet A/R qu’il faudra ajouter aux 60 minutes d’attente de mon adversaire (article 4 du RI).
Ronde 4. Bye. Jouer le lundi matin à l’autre bout de Paris ? Sans moi.
Ronde 5. Nulle avec les noirs contre le président de Maisons-Laffite 1787.
Je vais être très surpris avec ce 5.b4 dans cette Caro-Kann d’avance…

Le fait de bientôt pouvoir prendre sans crainte un pion central pour lequel habituellement je bataille fausse mon jugement. Je vais me croire longtemps légèrement mieux ce qui est une illusion d’optique.
Le graphe montre d’ailleurs au fond une égalité quasi parfaite et si des imprécisions sont commises rien de grave de part et d’autre.

Incise.
Je n’accepte jamais l’idée de me taper une analyse (dite post mortem) non en raison d’une quelconque misanthropie mais plutôt parce que c’est bien souvent du bidon, l’exercice étant pour le perdant d’expliquer les 15 occasions pourtant évidentes qu’il a manqué pendant que le gagnant ronge son frein jusqu’à ce que cela se termine. Habituellement quand on me propose d’analyser je contre-propose un verre à la buvette. J’ai collecté ainsi de bien plus belles anecdotes.
Là mon adversaire est tellement sympathique et j’ai tellement de questions à lui poser au sujet de son rôle de président que j’accepte. J’apprendrai au passage que cette variante à base de 5.b4 ne vient pas de nulle part. Intéressant.
Ronde 6. Mon adversaire est un tout jeune asiatique. 1800. J’ai les blancs et je vais perdre l’imperdable.
Regardons déjà le graphe.

Je ne le savais pas mais c’est déjà la fin du tournoi.
J’ai le trait pour le 40° coup mais la panique va s’installer… Défaite cruelle.
Ronde 7. La série noire s’installe.
Mon adversaire est une jeune joueuse venue de l’est classée 1907 et qui aura les blancs. Je vais courber l’échine manifestement dominé, comme assez souvent m’en sortir de justesse et dans la douleur, obtenir une position égale inespérée durant une dizaine de coups mais sans parvenir à obtenir la nulle qui me semblait finalement promise. Bien fait pour moi je n’ai qu’à bosser mes finales.

46° coup trait aux blancs.
8/1p6/4pkr1/4R3/P7/6P1/1P6/K7 w – – 0 46

Ronde 8. Vivement ce soir qu’on se couche.
J’ai les Blancs face à un adversaire classé 1756.
Je vais me retrouver avec le trait ici pour jouer mon 40° coup. Comme souvent je vais sous-estimer la force de mes pions et surestimer celle de ceux de mon adversaire.
La machine ose dire « Les Blancs sont nettement mieux ». Et pourtant ça va mal se terminer.
5k2/6p1/R6r/1P5b/2P4p/3ppB1P/6P1/6K1 w – – 0 40

Ronde 9 forfait annoncé au bon moment. On m’attend à Villejuif ce soir et je vais rentrer tard. Au reste il faut préparer ma vengeance à Fontainebleau.
Mon album photo dont il faut bien mesurer la portée symbolique…