Bois-CO 2022, Ronde 6 splendeur et misère de la Sicilienne.

Ce mercredi soir je suis un peu saumâtre.
Je reste sur deux bulles, une injustice flagrante et désolante et je ressens la fatigue.
Présent tôt à l’échiquier je repère pas loin un joueur posant un Pléiade à côté de sa pendule.
Une envie folle de relation humaine me saisit. Derechef je me lève afin d’en savoir plus partant à l’assaut de ce compétiteur hors du commun. Je traine un peu, à la fois pour permettre à mon rythme cardiaque de revenir en dessous de 140, jetant négligemment un regard là vers une table ou des jeunes analysent, là vers un joueur semblant se régaler à la dégustation d’un sandwich quand j’arrive derrière mon gars !
Que vois-je ?
Son volume est un Balzac !!!!!!
Un besoin soudain de le prendre dans mes bras, de le rassurer, lui dire qu’il n’est pas seul, que le destin de Rastignac m’importe aussi, que le père Goriot est mon héros, que je tiens le Lys dans la vallée comme l’une des plus belles fresques sur la nature humaine, que rien de vaut la Ville de Tours dans laquelle Balzac est né. Je m’approche vers lui, tend mes bras, des larmes coulent sur me joues et j’entends « Les noirs appuient sur la pendule ».


Une partie très agréable face à un adversaire bien sympathique qui me dira venir d’une petite ville du Tarn d’à peu près 10 000 habitants (j’ai vérifié elle en fait 10600 et j’aime bien les gens qui ne racontent pas des cracks !).

A bientôt ici ou ailleurs.