Noisiel 2026 en pensant aussi à Suzanne

11eme Open International d’Échecs de Noisiel 2026 – Open C (-2000 Elo et + 50 ans) du 18 au 23 Avril.

Gros tournoi bien organisé disposant d’une fort sympathique troupe de bénévoles et dont l’équipe d’arbitrage sous la houlette du très fameux Jocelyn Azzegag a fait des merveilles avec Alban LAUER (Arbitre Fédéral) et Maelyss BIMONT (Arbitre Fédéral).

Beaucoup de monde pour ce RV
62 inscrits dans l’Open A
132 inscrits dans l’Open B
44 inscrits dans l’Open C

La mairie est présente au lancement de l’épreuve et manifeste son plaisir de voir s’organiser ici un tel rendez-vous.

Ronde 1 avec les Blancs ça commence mal (-1865)
Je rencontre Mario que je connais bien vu que nous faisions partie du même club il y a un peu moins de 15 ans. Il a toujours été plus fort que moi. Je restais sur une nulle (avec les Noirs) en classique à cette époque mais elle était trompeuse vu qu’il était en pleine période de rodage de nouvelles ouvertures et qu’en plus je le soupçonne de m’avoir fait à l’époque une gentillesse. C’est moi cette fois qui innove avec les Blancs pour tenter pour la première fois une ouverture irrégulière (mais la moins irrégulière des ouvertures irrégulières peut-on lire dans le Watson) à savoir 1.b4

Après un bye ronde 2 et 3 et un forfait (je me suis excusé platement auprès de mon adversaire avant la ronde suivante)…
nous voilà déjà ronde 5 (=1531) et je rencontre avec les Noirs un adversaire bien sympathique aux particularités nombreuses. Il est affuté comme un triathlète préparant Hawaï, il ressemble un peu à Plastic Bertrand et dispose d’une tignasse d’un bleu aussi vif que lumineux. C’est clairement de cette couleur que je me teindrais les cheveux lors de mon passage au dessus de la barre des 2000. Cochon qui s’en dédit.

Dans cette Benoni la machine nous crédite d’une partie d’un niveau qui n’est pas le notre. Voyez plutôt. Quand je pense que c’est juste avec ce type d’outil qu’on juge qu’untel a triché (Cf affaire Niemann)

Ronde 6 (+1641) je suis opposé avec les Blancs à un joueur qui va paniquer avec cette ouverture de flanc.

C’est lors de cette ronde 7 (=1594) peut-être que je vais connaitre ma plus grande désillusion. J’ai les noirs et j’affronte une anglaise à l’aide d’un double fianchetto.

Dans cette position les Blancs viennent de s’interdire dorénavant le roque par 12.Rd1
r2qk2r/pbpp1pb1/1p4p1/4p2p/2PnPP2/2NPQ1P1/PP2N2P/1R1K1B1R b kq – 0 12

Mais je ne vais pas trouver le KO, pire l’avantage va passer de l’autre côté mais les Blancs, conscients de ne pas être passé loin vont me proposer la nulle et je ne vais pas me faire prier.



Ronde 8
avec les blancs. (-1825)

Ce début, 1.b4, dispose de plusieurs noms.
On l’appelle l’ouverture Polonaise mais aussi l’ouverture Sokolsky (du nom d’un champion qui n’était sans doute pas polonais sans quoi la dernière syllabe de son nom serait -ski). On raconte que c’est Tartakower qui a baptisé cette ouverture en commençant par lui donner le nom de début Orang-outan (3° nom de cette ouverture) après avoir croisé le regard d’un singe de cette famille dans le zoo de New-york ville dans laquelle se déroulait le tournoi qui allait le voir pratiquer cette ouverture de flanc…
Je vais prendre une belle leçon. Défaite en 16 coups.

Ronde 9 +1561 avec les Noirs.

Mon adversaire va précocement, romantiquement et maladroitement sacrifier sont fou en f7. Ça va durer 3h50, 84 coups mais ça me permet de quitter la salle polyvalente avec un peu de baume au cœur.
+2 =2 -2

Et Suzanne dans tout ça ? C’est Fernando Arrabal qui nous donne la clef dans son introduction à son très chouette ouvrage « Fêtes et défaites sur l’échiquier » :
« Mais sans perdre de vue << Suzanne >>, s’il faut en croire Maroczy, en 1924 les joueurs du Tournoi de New-York mirent à profit leur journée de repos pour lui rendre visite. Ils demeurèrent fascinés par ses charmes. Cet envoûtement fut tel que Tartakover décida de créer en honneur de la belle une nouvelle ouverture échiquéenne. En effet, le lendemain il jouait 1.b4 pour immortaliser << Suzanne >>… la guenon du zoo de Central Park ».

Avec un clin d’œil posthume au Grand-Maître Gilles Mirallès qui a donné à cette ouverture de bien belles lettres de noblesse l’ayant joué d’ailleurs tout un tournoi (Belfort 1983 (corrigé) à confirmer/préciser…)

A bientôt ici ou ailleurs.