22e Open international de Malakoff

Comme de coutume tout commence au QG d’à côté où je croise mon vieil ami Christophe habitué du tournoi avec qui je jouais au Canal il y a une quinzaine d’années.
Mais le plus drôle et le plus surprenant est ailleurs. En fait juste à la table qui jouxte la notre.
Un client, sans doute un joueur car dans ce bar à 13h30, le temps du tournoi, il n’y a quasiment que des participants, se trouve concentré sur le très improbable ouvrage mythique de Gilson: « l’être et l’essence ».
Souvenir soudain et vif des quelques tentatives universitaires de philosophie… j’en reste coi.

Ronde 1 avec les Noirs. +1744 chanceux et même un peu plus.
Je joue un joueur que je rencontre souvent sur le circuit et je le croise toujours avec plaisir aussi parce que nous avons un ami commun avec qui je courrais le marathon il y a…. la vache c’était il y a 20 ans !
Est-ce la pression implicite de ce 3° homme qui va dessiner le résultat ? Je me retrouve avec une pression maximum. Les blancs sont gagnants comme nous dit la machine.
Ci-dessous avec le trait au 26° coup par exemple.

Mais mon adversaire se met assez tôt en très grand Zeitnot et perd le fil et une tour au passage du 40° coup pour abandonner finalement dans la position ci-dessous 3 coups plus tard.

Ronde 2 avec les Blancs je joue un minime âgé de 15ans de Levallois-Potemkine. =1847 après être passé tout prés du gain.

Dans la position ci-dessous les noirs vont sacrifier un cavalier 13… Cxg4 pour deux pions et un trou dans ma défense mais le compte pour eux n’y est pas…

Bref après ces deux résultats particulièrement réconfortants je vais atteindre mon objectif pour cette épreuve c’est à dire me retrouver à jouer dans la salle 1 !!!! et plus précisément à l’échiquier N° 59. Tel Icare m’approcher si prés du très haut va m’être fatal et plus dur sera la chute !

Ronde 3 avec les noirs je joue un joueur d’anglaise. -1901

Ci-dessous pour mon 10° coup la pression monte sans être insoutenable. Il n’en sera pas de même 9 coups plus tard.

Ronde 4 Mon Gilson !!! retour salle 2 pour jouer avec les blancs et perdre contre mon « client » du premier jour. Joueur belge classé 1855.

Ci-dessous j’ai le trait pour mon 46° coup que bien sûr je ne jouerai pas.

Ronde 5 -1808 je joue avec les noirs un tout jeune adversaire assez mal élevé comme on disait autrefois si bien que même l’arbitre lui demandera de correctement s’assoir lors d’un de ses passages et cette remarque n’aura comme conséquence que de l’étonner au plus haut point. Quoi ? Un adulte qui me dérange ? Une autorité qui se dessine ? Un pouvoir autre que le mien qui ose ?
Tout y passe. La manière de cogner l’échiquier avec sa pièce lors de certains coups, des bruits divers et variés, des regards d’un rare mépris… Bref.
Il n’en reste pas moins qu’après une rencontre plutôt égale sur l’échiquier il se montrera nettement plus précis en finale et dans la position ci-dessous mes carottes étaient déjà bien cuites.

Ronde 6 je double les noirs pour une dernière défaite avant la fin du Monde.

Je construis une position solide, après avoir déroqué le roi adverse je n’ai plus qu’à porter l’estocade au 18° coup… mais non. ça ne passe pas.

Il me revient alors assez curieusement cette formule trouvée dans « La belle Lurette » d’Henri Calet, auteur fétiche du comédien Jean-Pierre Marielle (In Schnock N°1)



« Là-haut: l’œil de Dieu. En bas: le feu dévorant »

Moins couteux que les éditions du passé j’y serai encore de 2 points elo de ma poche pour un tournoi qui reste majeur en tous points et dont tout le mérite revient à l’équipe de Malakoff et Mat ainsi qu’au team d’arbitres.
Principal : John LEWIS, Arbitre International
Adjoint : Bruno ADELINE, Arbitre International
Adjoint : Jocelyn AZZEGAG, Arbitre International
Adjoint : Nasir AL AHDAB, Arbitre Fédéral Open 2
Adjoint : Simon GOBERT, Arbitre Fédéral Club