Bruno L…. notre arbitre principal, a un talent particulier.
Il va plus vite en prenant la tangente là ou d’autres penseraient le doubler en tirant une ligne droite. On s’comprend.
A la manœuvre du désormais très connu, très prisé et très envié Championnat des > 50 ans des Hauts-de-Seine il impose son rythme qui fait immédiatement penser à celui de Willem van Hanegem le milieu de terrain de la célèbre et dernière équipe de football fréquentable à savoir l’équipe des Pays-Bas de 1974. Celle qui a réinventé le football pour le faire entrer dans les temps modernes.
Oui Bruno L…. du Levallois-Potemkine, tout comme Willem Van Hanegem du Feyenoord Rotterdam, est un faux-lent.
C’est une qualité qui le met à l’abri.
A l’abri de quoi ? Mais de nous voyons !
Bruno prend son temps avant de lancer la ronde. Mais pas seulement.
Il regarde, fait le tour, note mentalement, cherche dans ses pensées, se rappelle un mail concernant Untel, une conversation avec un autre puis enfin contacte les absents imprévus. Un par un.
Sur un air de « Ah tu croyais t’inscrire et n’en faire qu’à ta tête ? Ah mais ça va pas se passer comme ça !!!! T’as un mot d’excuse pour n’être encore pas là à c’t’heure canaille ? ». Non. C’est pas le style (voilà juste comment moi je ferais…).
Et c’est ainsi qu’il nous informe de l’infortune des usagers du RER, de l’état de santé d’un participant, accessoirement du sien, d’anecdotes sur la météo, bref une ronde ça se prépare et on ne laisse personne sur le bas-côté. Noblesse.
Ce lien précieux qu’il tisse ronde après ronde a une saveur pour beaucoup assez peu connue. Elle est inestimable.
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Quelques-uns pourtant s’étonnent et aimeraient bien démarrer à l’heure.
On peut le dire différemment.
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On trouvera toujours un râleur pour vouloir accélérer le processus.
A ce titre il est arrivé qu’un participant, j’étais assis à côté, un peu accro au sacro-saint 14h15 commence un peu à pester du retard qui s’installait… son téléphone sonnera faiblement mais de manière très reconnaissable un peu plus tard…cette situation qui normalement implique la perte immédiate du point et l’arrêt de la rencontre permettra à son adversaire de faire preuve d’une très grande élégance. Heureusement il s’amusera de constater que notre arbitre préféré était occupé un peu plus loin et suffisamment à distance pour ne rien remarquer.
Mais ce n’est pas tout.
Bruno s’astreint à gérer la diffusion interne de toutes les parties.
Il le fait bien. Oui il le fait bien, et vite aussi.
Cela produit un drôle d’effet.
Tout le monde sait ce que tout le monde joue.
Bien sûr on trouvera toujours tel ou tel indiquant que lui Ô jamais il ne condescendra à consulter ou mieux à imaginer consulter de telles ressources, mais on sait tous qu’une fois dans la boite mail et une fois les appariements connus on y va tous fissa vers le trésor !
Et donc ça prépare sec ! Comme les pros ! Ah tu vas me jouer la sicilienne ? Oh un amateur du système de Londres ?
C’est ainsi que pour ma part, aidé par cette certitude mais également touché dans la nuit par un messager inconnu envoyé par Caïssa, je me suis réveillé (true story) au milieu de la nuit persuadé que mon adversaire avec les Blancs allait m’obliger à bifurquer de ma proposition initiale pour m’emmener vers la variante Steinitz de la Française (et ça n’a pas loupé !). Vous le croyez ça ? (true story bis)
J’ai donc un peu regardé sur le WEB.
Je me suis retrouvé devant une video de Diagonale TV où mon ami Jibé présente la variante en question….
Est-ce que cela allait m’empêcher de gaffer ? Bien sûr que non.
Mais maintenant « ils » sont prévenus. Deux fois.
Ci-dessous une idée de la préparation lors des rondes se déroulant dans les locaux du sympathique club d’Asnières… et on pense immédiatement à la formule de Proust dans la recherche « Les Verdurin n’invitaient pas à dîner: On avait chez eux: « Son couvert mis ». »
